Les gels douche sont-ils de véritables soins ?

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Un corps nous n’en avons qu’un, je trouve qu’il est essentiel d’en prendre soin, de le chouchouter. Le quotidien par le frottement des vêtements, les positions debout trop longues, les positions assises trop longues, les changements de temps, les épilations successives, le manque de sommeil agressent notre peau. Qu’elle soit sèche, grasse, boutonneuse, avec de la peau d’orange, des vergetures, rougie….c’est notre peau et elle fait partie de nous. Pour être bienveillant autour de nous, être à l’écoute de nos proches et prêter attention à notre planète, il faut prendre soin de nous. Par bonheur, ce n’est pas incompatible avec l’idée de réduire son empreinte carbone, bien au contraire, la nature a beaucoup à nous offrir une fois encore….

J’avais envie ce mois-ci de faire un tour avec vous sur le chemin des savons et gels douche pour savoir quelles solutions nous avons pour nous laver, en prenant soin de nous et en préservant la planète.

Le gel douche m’est longtemps apparu comme un produit de luxe. Il y avait plutôt du savon à la maison quand j’étais petite et la vision de ces bouteilles colorées aux mille parfums, produisant une mousse épaisse et réconfortante me donnaient définitivement envie. J’étais aux anges lorsque j’ai eu mes premiers gels douche ! Je prenais soin de choisir ceux aux noms évocateurs de voyage et de plaisir…

C’est qu’ils sont forts en marketing ! La promesse de voyager pendant ma douche à l’autre bout du monde est un argument fort séduisant…

Des jeux sur les mots

Le problème sur le packaging des gels douche est que les entreprises jouent sur les mots et les suggestions.

« Douche crème lait de coton et coquelicot »
« Trésor de miel douche et soin »
« Gel douche énergisant grenade d’Espagne »
Plutôt tentant non ? Surtout quand ces noms sont assortis de slogans « Naturel » / « A partir d’actif végétal »…. en vérité, il s’agit la plupart du temps de procédés synthétiques brevetés. Ils n’ont de naturel, souvent, qu’une infime partie de leur composition.
Il y a également les déclarations du type « testé cliniquement« , « approuvé par 97% des femmes » qui ne prouvent rien et sont testés sur un petit échantillon de femmes. De même « recommandé par les dermatologistes » qui est une déclaration qui n’a aucune preuve.

La mention « non testé sur les animaux » souligne l’intérêt porté par la marque au bien-être animal. Ou pas. En fait, une loi votée en 2014 interdit de tester les produits cosmétiques sur les animaux. C’est quand même sympa de préciser qu’ils ne sont pas hors la loi. Même si dans les faits, certaines marques ne s’interdisent pas de tester leurs produits sur les animaux pour ne pas se fermer la porte de certains marchés comme celui de la Chine par exemple. Pour être certain que le bien-être animal est une réelle préoccupation de la marque, il existe un label Cruelty free sinon, c’est surtout un argument marketing.

Comprendre le charabia des étiquettes

Lorsque nous achetons un gel douche (c’est aussi valable pour les shampoings et tous les cosmétiques), il est important de regarder la liste INCI.

La quoi ?
– La liste INCI (International Nomenclature of Cosmetic Ingredients). La liste contenant l’intégralité des ingrédients du produit en question. Ils sont rangés par ordre décroissant, de la plus grande quantité à la plus faible dans ce produit, à partir du moment où ils sont présents à hauteur de 1%. En dessous, ils doivent également être signalés et sont ajoutés à la suite des ingrédients. La plupart du temps les 5 ou 6 premiers composants représentent 70% du produit. Le premier est généralement « water ».

Oui, la substance en plus grande quantité dans un gel douche est bien de l’eau(souvent en tout cas).

Ensuite il peut y avoir, un, deux ou tous ces produits:

Le Sodium Lauryl Sulfate (SLS) ou sa version ethoxylée : le Sodium Laureth Sulfate, est un tensio-actif détergent puissant, très mousseux et peu coûteux. Son problème, c’est qu’à l’origine, il est utilisé en tant que détergent industriel, pour nettoyer les sols et les moteurs. Nous, on le retrouve dans nos gels douche pour nettoyer notre peau délicate. Gloups. D’ailleurs, il est utilisé comme la référence des irritants cutanés par les études dermatologiques. Re-Gloups. Il est en effet irritant à la longue pour la peau, plutôt contradictoire avec un soin ! Comme il attaque le film hydrolipidique de notre peau, cela provoque une déshydratation qui génère des sensations de tiraillement. Ces supers tensio-actifs ont aussi la sale habitude de pénétrer à l’intérieur de nos tissus pour venir se fixer sur le foie, le coeur, les poumons ou le cerveau. Lalala. Je pourrais continuer un moment mais vous l’aurez compris : cet ingrédient est à éviter systématiquement !
Le Polyethylène Glycol, plus communément utilisé sous le nom PEG- est un dérivé des hydrocarbures non biodégradables. C’est aussi ce qu’on appelle un ingrédient éthoxylé. Ce procédé extrêmement chimique fait intervenir un gaz toxique appelé l’oxyde d’éthylène. Les PEG sont susceptibles de rendre la peau plus perméable aux autres substances tout comme le SLS.

Les noms en -one désignent les silycones. Les silicones sont doux et glissent sur la peau, mais ils sont illusions, car ils ne nourrissent pas la peau et se dégradent difficilement dans les sols.

L’EDTA ou Acide Ethylène Diamine Tétra-acétique: est un stabilisant et un anti-tartre mais il n’est pas détérioré par les stations d’épuration, il s’accumule donc dans l’eau sans disparaître.

De manière générale, les noms en anglais sont les ingrédients chimiques et les noms en latin, les ingrédients d’extrait ou d’huile végétale, SAUF Petrolatum et Paraffinum liquidum qui sont des dérivés pétrochimiques.

Et l’emballage dans tout ça ?

Un gel douche avec un packaging luxueux ne signifie pas nécessairement que le produit est de qualité, par contre, si le prix est plus élevé sur ce gel douche, il y a des chances que ce soit l’emballage qui vous coûte plus cher…

Il y a peu d’études sur les impacts sur l’environnement des emballages cosmétiques. On peut cependant, décemment penser qu’un emballage en plastique, donc issu de la pétrochimie a un impact négatif.

Gel douche

Gel douche bio

Les gels douche bio peuvent contenir quelques ingrédients de synthèse, souvent parce que ces ingrédients n’ont pas un équivalent naturel aussi efficace. Toutefois, si on se fit aux labels, ils sont souvent plafonnés à moins de 5% du produit final. Je ne les considère pas comme une solution puisque les ingrédients de synthèse ne sont pas biodégradables et qu’avec leur emballage en plastique, ils conservent un impact négatif sur l’environnement. Puis, ils peuvent être assez cher, alors qu’il existe de bien meilleures solutions !

SOLUTIONS

Petite histoire du savon saponifié à froid

Finalement, après quelques années d’utilisation des gels douche, j’ai déchanté et je me suis à nouveau tournée vers les savons. J’ai découvert que l’offre se diversifiait de plus en plus et n’était pas moins séduisante que les saveurs exotiques des gels douche industriels, bien au contraire !

Il y a plusieurs types de savon. Les savons saponifiés à froid sont respectueux des matières premières, de notre peau et de l’environnement. Combo gagnant !

Mais qu’est ce que la saponification à froid ? Tout simplement une réaction chimique entre une huile végétale et de la soude ou de l’hydroxyde de sodium. Cette réaction créé le savon et la glycérine. Comme elle se fait à basse température, les propriétés de l’huile végétale sont préservées. Ensuite sont ajoutés d’autres huiles végétales, essentielles, beurres végétaux, lait d’ânesse, miel…. qui transforment ce savon déjà très sain en savon surgras. Il devient un véritable soin pour notre corps.

Savons a froid

Mes dernières acquisitions: les savons à froid de Louise et moi, il y avait même une petite fleur séchée scotchée sur un mot écrit à la main…

La différence avec les autres savons ? Les savons traditionnels, même bio, même artisanaux, sont fabriqués avec des bondillons. Les bondillons sont des morceaux de savon – un peu comme de gros granulés – obtenus en mélangeant une huile végétale et de l’hydroxyde de sodium à haute température. La glycérine générée par ce processus est alors enlevée pour ne pas boucher les machines. Sauf que la glycérine apporte douceur et hydratation de la peau. Les bondillons sont efficaces pour laver mais sont agressifs pour la peau puisqu’ils sont épurés de la glycérine. On les reconnait en lisant la liste INCI: si vous lisez Sodium palmate ou Sodium tallowate, alors il s’agit de savon industriel.

Le savon est très économique puisqu’il dure aussi longtemps que deux gels douche de 250mL. J’ajouterai même qu’on utilise moins d’eau au rinçage car un simple coup d’eau suffit à le rincer alors que le gel douche nécessite un peu plus de temps pour enlever le produit sur la peau.

De plus, les savons à froid sont parfaitement biodégradables et ne polluent ni l’eau, ni la terre pendant la fabrication.

Savons

Le Savon d’Alep et le Savon de Marseille

Le savon d’Alep a une jolie histoire : en Syrie, il est fabriqué à partir d’huile d’olive mélangée à l’eau et la lessive de soude. Il va bouillir pendant trois jours pour devenir un liquide épais. Puis de l’huile d’olive au laurier est ajouté et il est versé au sol sur une grande feuille de papier ciré. Alors qu’il refroidit, les ouvriers savonniers marchent sur le savon avec des planches de bois attachées à leurs pieds. Il est ensuite découpé en cube et mis à sécher. Il sera ensuite entreposé dans une cave pour maturer pendant six mois à un an…

Très peu de savon d’Alep sont réellement fabriqués de cette façon aujourd’hui. Il s’agit le plus souvent de savons industriels fabriqués à partir de bondillons. Deux savons dans la mouvance slow-cosmétique sont pourtant respectueux des huiles végétales utilisées, il s’agit du Savon alep de Gaiia et Sur le chemin d’Alep de Pachamamaï, mais il s’agit dans ces deux cas de saponification à froid.

Le savon d’Alep peut être utilisé pour la toilette du corps. Dans certains cas (suivants le pourcentage d’huile de laurier ), il peut même aider à lutter contre les points noirs, les problèmes d’acné, l’eczéma, le psoriasis… Il est aussi complètement biodégradable.

Le savon de Marseille aussi suit un procédé de fabrication traditionnel très spécifique. Il est fabriqué à partir de 72% d’huile végétale très précisément, cela peut être de l’huile d’olive, de coco, de palme ou de coprah. Elle est mélangée à de la soude dans des chaudrons, où elle va bouillir le jour et se reposer la nuit pendant huit à dix jours. Elle est alors lavée, décantée, arrosée pour obtenir au final un savon « extra-pur » qui est ensuite moulé, compressé puis découpé en cube et marqué alors sur chacune de ses faces.

Il existe quatre savonneries françaises qui produisent des savons de Marseille traditionnels :

  • La Savonnerie artisanale Le Sérail
  • La Savonnerie Le Fer à cheval
  • La Savonnerie du Midi
  • La Savonnerie Marius Fabre

Un vrai savon de Marseille est totalement biodégradable, il ne contient ni conservateur, ni colorant. Il est adapté pour notre toilette: doux pour la peau, désinfectant pour les plaies.

Savon de Marseille

Fabrication maison

L’année dernière, j’ai voulu me lancer dans la fabrication de savons maison pour offrir à Noël. Comme je n’avais pas non plus envie de manipuler de la soude, j’ai testé la base à savon Melt & Pour transparente sans huile de palme de chez Aroma Zone, à laquelle j’ai ajouté au choix des huiles végétales, huiles essentielles, mica pour un effet nacré, lait de jument… je les ai fabriqué dans d’adorables moules en forme de petites boules.

Bilan: des petites boules ont beau être adorables, sur le coin de la baignoire, ça roule. Oui logique, hein ? Donc, ce n’était pas hyper pratique.

Au niveau de la texture, comme je n’ai pas ajouté de tensio-actif, ça ne moussait pas du tout. La mousse ne signifie pas que ça lave mieux, elle est surtout là pour rendre le produit plus attractif, mais la mousse facilite quand même l’application et je n’ai pas du tout aimé la texture, lisse et offrant peu de sensation. J’aime bien savoir et sentir où j’ai mis du savon sur mon corps quand même.

Donc, j’ai encore ma moitié de pot à utiliser mais je pense qu’elle partira dans le désencombrement de ma maison, parce que vraiment, je n’ai pas trouvé cette expérience folichonne et je ne retenterai pas.

Mais si vous vous sentez l’âme d’un alchimiste et que fabriquer ses cosmétiques maison c’est quand même rigolo, voici trois recettes que je trouve plutôt tentantes :

Exemple de recette pour un savon à froid maison:

Recette de savon aux laits
Exemple de recette pour un gel douche maison :

Recette de gel douche maison
Par exemple, une recette de baume de douche fouetté :

Recette de baume de douché fouetté

Et vous, qu’utilisez-vous pour prendre soin de vous ?

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