Embrumée par des réveils au milieu des rêves

Nuit étoilée et montgolfière

La nuit est une parenthèse, un entre-deux où notre perception change. Embrumée par des réveils au milieu des rêves, endormie dans un bain de bien-être, hagard devant un bébé qui veut jouer…. la nuit commence, parfois sans prévenir, mais on ne sait pas où elle se termine, quand elle se suspend pour mieux se poursuivre ensuite (ou pas).

Il y a les règles que l’on se donne, celles dictées par notre société, celles érigées par notre famille, celles du coeur….

« A cet âge, il devrait faire ses nuits ». « Tu lui donnes des céréales pour qu’il n’ait plus faim la nuit? ». « Moi, mon bébé, il s’endort tout seul ». « Tu devrais le laisser pleurer pour qu’il apprenne à s’endormir/se calmer tout seul ».

Saviez vous que l’heure du coucher est culturelle ? En France, on a décidé que ce serait 20h, ailleurs ce sera 19h ou même 22h et parfois 18h. Et si l’heure du coucher était plutôt celle du train du sommeil ? Celle où ma Libellule se frotte les yeux, baille, se montre plus sensible à ce qui l’entoure. L’heure de l’accompagner, de lui apporter toute l’affection dont elle a besoin, toute l’attention qu’elle demande. Oui, toute l’attention.

 

 

Chez les tous petits, le cerveau est encore immature et les parties associées à la gestion des émotions ne le seront pas avant plusieurs années (elles commencent à l’être autour de 6 ans). Ils sont totalement perméables au monde qui les entoure, une journée peut être riche en stimulations, découvertes, apprentissages… Au moment du coucher, ils vont donc relâcher toutes ces émotions liées au contenu de leur journée, il est important d’être là, de les écouter, qu’il s’agisse de babillages, de pleurs ou de mots. Le cerveau stressé des enfants sécrète du cortisol et son antidote est l’ocytocine, l’hormone du bien-être. Pour en générer et aider notre bébé à en générer aussi, un câlin est très efficace. En prime, si on est vraiment disponible pour donner et recevoir, ça nous fait un bien fou à nous aussi.

 

 

Saviez-vous la seule partie du cerveau d’un bébé qui est développé à la naissance est l’amygdale, situé à l’arrière de notre crâne. Il est le siège des émotions, pures, sans filtre, sans atténuation, sans contrôle, sans pouvoir les gérer. Apprendre à gérer ses émotions s’apprend au fil des mois, des années, pour arriver à maturation au début de l’âge adulte. Avant 6 ans, il n’y a pas de réel contrôle des émotions, de manipulation. Cela demande à différentes parties du cerveau de se développer, de créer des connections entre elles. Les petits enfants et les bébés sont en contact brut avec leur environnement et ils le vivent pleinement. C’est Isabelle Filliozat qui nous dit que les émotions sont des manifestations de la vie. Malheureusement, dans notre société, montrer et donc vivre pleinement ses émotions est mal vu. On se laisse difficilement aller à sauter de joie ou pleurer de chagrin dans une rame de métro ou un restaurant bondé. Il est plutôt de mise d’afficher un sourire polis ou un visage neutre. Quel dommage de ne pas se laisser aller à ses émotions et de les assumer clairement !

Pour en revenir au coucher, contrairement à ce que notre éducation traditionnelle véhicule, je n’ai jamais voulu laisser ma Libellule pleurer ! Déjà, si on prend le temps d’écouter ses propres émotions, c’est très difficile de laisser son bébé pleurer parce qu’on entend son angoisse, ce qui nous angoisse, nous culpabilise, nous attriste. Et que lui transmet-on comme message ? Tu peux pleurer, la porte restera close, je ne t’écoute pas. Tu peux me raconter tes émotions, je ne les entends pas, je ne viendrai pas te consoler. Donc, le bébé va s’endormir d’épuisement, puis il va progressivement comprendre qu’il ne sert à rien de taper à une porte fermée et va cesser de pleurer en se couchant. Malheureusement, il peut aussi se couper de ses émotions puisque ses parents, ses modèles, ne l’écoutent pas, cela veut donc dire ce qu’il ressent ne mérite pas d’être pris en compte. Enfin, imposer une heure de coucher qui ne prend pas en compte la fatigue de son bébé ne lui permet pas de sentir qu’il est fatigué et qu’il a besoin d’aller dormir à ce moment. Il saura juste qu’il faut se coucher à cette heure-là, peu importe ce dont il a besoin à ce moment.

 

 

Ce qui est malheureux dans cette affaire, c’est que les découvertes en neuroscience de ces dernières années (diffusées de manière très accessibles par les livres Pour une enfance heureuse et Vivre heureux avec son enfant de Catherine Gueguen), démontrent que laisser pleurer un bébé l’empêche de créer des connections optimales et des neurones dans les différentes parties du cerveau.

L’idée c’est d’utiliser son bon sens, de créer un petit rituel qui se répète tous les soirs pour que l’enfant se crée des repères et soit rassuré. De créer un environnement favorable à l’endormissement avec lumière tamisée, câlins, bataille de polochon (oui oui aussi, on rigole, on se décharge des tensions), lecture…et d’accompagner son enfant jusqu’à ce qu’il dorme. Et s’il n’a pas envie de dormir ? Peut-être que ce n’est pas l’heure pour lui, peut-être qu’un de ses besoins n’est pas comblé, qu’il a juste envie de passer du temps avec ses parents.

Et la nuit ? Cette maudite phrase répétée à chaque nouveau parents: il fait ses nuits ?

Ma Libellule dort, elle dort le temps qu’elle a besoin de dormir, elle se réveille quand elle a besoin d’être rassurée/de câlins/qu’elle a soif/ faim/ mal aux dents ou qu’elle a assez dormi.

Les bébés ne nous manipulent pas, ils ne font pas de caprices, jamais. Ils nous communiquent leurs besoins et si nous n’y répondons pas, ils cherchent un moyen d’obtenir ce dont ils ont besoin. Ce ne sont pas des petits êtres sournois et manipulateurs. Ce sont des petits d’homme au milieu d’adultes formatés dans le moule de la société,  c’est nous qui avons des ornières, eux répondent à leur curiosité et à des besoins physiologiques et affectifs.

 

 

Parfois, ma Libellule se réveille toutes les heures, ou les deux heures. Parfois, elle dort d’une traite du soir au petit matin. A chacun de ses réveils, je suis là pour la raccompagner dans son sommeil et ça ne dure que quelques minutes.

Ce que je trouve essentiel dans les habitudes avec ma Libellule, c’est d’être en accord avec notre rythme. Savoir que chaque moment que nous partageons a une fin, chaque moment est unique, que les rythmes vont et viennent de mois en mois. Rien n’est acquis. Si pendant une semaine, elle se couche à 21h, ça ne signifie pas que ce sera toujours comme ça. Si pendant une semaine, elle se réveille toutes les deux heures pendant la nuit, ça ne sera pas toujours comme ça. Je suis plutôt tranquille à ce sujet. Ne pas forcer les choses, être à l’écoute des besoins de chacun (parents et enfants), il y a plus de fluidité dans un quotidien où on s’adapte, se réadapte et où chacun est clair avec ses besoins.

 

*Et vous les parents, comment sont vos nuits, et celles de vos bouts de chou ? *

Rendez-vous sur Hellocoton !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *