Se désencombrer, un chemin vers la simplicité volontaire

Se désencombrer, un chemin vers la simplicité volontaire

J’ai toujours été une personne plutôt matérialiste. J’aime collectionner des pots en verre de différentes tailles et différentes formes pour les confitures que je ferai un jour ou les mélanges de différentes poudres pour un masque de soin des cheveux. Ou pour les conserves de légumes que je n’ai jamais eu le temps de réaliser.

J’ai gardé beaucoup de boîtes aussi, en carton ou en plastique. Des fois que j’y cache des trésors.

Mais j’ai aussi gardé des vêtements trop grands (des fois que ma croissance ne soit pas terminée) ou trop petits (il parait qu’en vieillissant, on se tasse).

J’adore toutes ces multitudes de babioles accumulées au fil des années qui me rappellent quelque chose. Je ne sais pas toujours bien quoi d’ailleurs.

Il y a les magazines que j’ai adoré (ou pas), les images sont belles et inspirantes. Je les ai gardé pour les relire ou découper les belles images. Je ne les ai jamais relus et mes ciseaux sont toujours bien rangés.

J’avais gardé mes cours de BTS, toutes les feuilles de cours. Toutes. Y compris celles avec mes brouillons de physique ou des vagues prises de note de cours.

Nine Kopfer pour Unsplash

Puis il y a eu l’année dernière ce déménagement forcé, sauvage où nous avons été contraint de quitter notre maison qui s’effondrait. Toutes ou presque toutes nos affaires ont été embarquées dans des sacs, des cartons, le plus vite possible. Dans un désordre pas si mal organisé. Merci les copains et la famille.

Nous avons fini par emménager dans une nouvelle maison sans vides sanitaires fourres tout qui nous avaient permis d’accumuler sans compter.

J’ai fait l’autruche un moment, le temps de digérer. Puis, il y a eu à un moment ce déclic: j’avais besoin de circuler, de respirer, trouver mes affaires. Je voulais connaitre chacune des affaires m’appartenant, je voulais qu’elles fassent partie de moi, pleinement. Qu’elles soient le reflet de ma vie, qu’elles influencent positivement mon quotidien, que je les aime, que j’ai plaisir à les voir, à les utiliser….

Ces derniers temps, on parle beaucoup de minimalisme. J’en suis loin loin loin du minimalisme avec mon matérialisme ambulant. Les pièces claires avec ses belles lignes lumineuses où l’espace est globalement vide et spacieux n’existeront certainement jamais chez moi. Il y a cependant un entre deux auquel j’aspire. Un espace où je vois d’un coup ce qui m’entoure, avec chaque chose à sa place. Un espace où je peux circuler dans chaque coin sans un amas de petites merveilles qui attendent sagement qu’on leur trouve une place tout en s’enrobant de poussières.

Nathan Lindahl pour Unsplash

Puis, il y a cette vérité gênante : toutes les ressources naturelles utilisées pour créer tout ce qui m’entoure inutilement. Ça fait beaucoup de preuves quotidiennes sous mes yeux de l’abondance de non sens de notre mode de vie. Des preuves d’un déséquilibre flagrant entre nos besoins matériels (nourriture, vêtements, création, ameublement…) et toutes les superficialités qu’on enrobe autour. Par superficialités, j’entends tout objet ramené dans la maison qui ne répond pas à une intention réfléchie d’être utilisé. Plus d’une fois. Ou même de deux fois. Même de trois fois en fait.

Alors, comme je recherche cet équilibre tangible entre une vie heureuse et profiter de notre planète accueillante sans épuiser ses ressources, j’ai envie de désencombrer.

Un objet par jour

C’est la technique douce que j’ai adoptée au départ. Ayant peu de temps libre, cela m’a permis assez efficacement de commencer le désencombrement de ma maison. L’idée étant de recycler/donner/vendre/jeter un objet chaque jour.

Au début, je me suis simplement promenée dans chaque pièce et j’ai rapidement repéré des objets présents au moins depuis plusieurs mois dont je n’avais pas l’utilité ou pour lesquels je ne ressentais pas d’affection. J’ai trouvé en vrac des boîtes ou des pots cassés, des lampes laissées dans un coin, des cartes périmées, des pinces à cheveux, un tire-bouchons, des tickets inutilisés, des prospectus, des téléphones usagés inutilisables….

Les points chauds

Puis, je me suis attaquée aux points chauds, ces zones où la quantité d’objets accumulés ou non rangés est particulièrement dense. Autant dire que ces endroits sont riches en découvertes et procurent beaucoup de satisfaction ! En général, on y trouve plusieurs objets dont on peut se séparer, on retrouve aussi des affaires oubliées et comme on range une zone encombrée, cela nous libère de l’espace tant dans la pièce que dans l’esprit.

Généralement, après le rangement d’une zone chaude, je me sens soulagée et libérée d’un poids que je ne soupçonnais pas. J’ai des idées qui me démangent, qui s’agitent, qui trépignent d’envie de sortir.

J’ai encore beaucoup de weekend devant moi pendant lesquels je vais ranger ces zones chaudes (je le fais pendant les siestes de ma Libellule). Le temps de faire le tour, de réfléchir, de laisser le temps me libérer d’objets qui me paraissaient importants puis non, finalement.

Jazmin Quaynor pour Unsplash

Une rencontre avec soi-même

Je ne me force jamais, il y a tant à faire. Si j’ai un doute, je garde. J’y reviendrais plus tard. Je pourrais essayer la technique de mettre l’objet empreint de doute dans un carton et si je ne l’ai pas ouvert depuis 6 mois alors je peux m’en séparer. Mais ça ne fonctionne pas chez moi: mon livre du Yi-King n’a pas été ouvert depuis au moins deux ans. Et alors ? Je le regarde tous les jours, il m’accompagne. Je sais que si j’ai besoin, il est là, je peux compter sur lui. Il pourrait être dans un carton ce serait pareil. Par contre, non, je n’ai pas envie de m’en séparer même si je ne m’en sers pas.

Le désencombrement c’est aussi être honnête avec soi. Tu peux te faire croire que si si tu t’en serviras, si si tu aimes cet objet qu’on t’a offert à ton anniversaire. Mais ensuite, cette idée mensongère te colle à la tête comme une toile d’araignée toute fraîche, tu peux secouer la tête, ça ne la fera pas partir. Tu sais que tu n’es pas honnête avec toi.

C’est une manière d’aller à ta rencontre, de savoir ce qui te fait vibrer, ou au contraire ce qui ne t’anime plus. De rire de plaisir devant les découvertes, de pleurer un peu à travers les souvenirs. C’est pour cela que je désencombre pendant les siestes de ma Libellule, c’est un moment que je m’offre pour faire le point. Plus on avance dans le désencombrement, plus les questions que l’on se pose pour garder ou non un objet touchent à notre intimité.

** Et vous, avez-vous commencé à désencombrer chez vous ? Comment vous sentez-vous après vous être libéré d’objets inutilisés ? **

Source image mise en avant (coquelicots) : Monica Galentino pour Unsplash

Lola S.
Rendez-vous sur Hellocoton !

4 Responses to Se désencombrer, un chemin vers la simplicité volontaire

  1. Salut !
    Je désencombre assez régulièrement à vrai dire ! J’ai brulé mes anciens cours (feu de joie !!) et gardé uniquement ceux qui m’intéressent. je tri pas mal mes fringues aussi, je donne, je revends… mais ce qui m’ennuie de jeter, c’est les cadeaux, qui ne plaisent pas forcément mais dont je suis rongé par la culpabilité ! …

    A bientôt,
    Line
    https://la-parenthese-psy.com/

    • FunamBulle says:

      Bonjour Line !
      C’est hyper compliqué les cadeaux, cela dépend beaucoup des rapports avec la personne qui nous l’a offert, si on la voit souvent ou non et aussi de son propre rapport au matériel, si cette personne est très attachée aux cadeaux, c’est aussi difficile de s’en séparer… ce qui me plait avec le désencombrement, c’est que chacun fait comme il sent…
      A bientôt !

      Lola

  2. Bonjour Natasha, En te lisant je me rends compte que mon astuce (complètement inconsciente) pour changer certaines de mes habitudes ou comportements est de les porter en moi pendant un certain temps avant de les concrétiser. Je mexplique en prenant comme exemple le désencombrement : jai lu des livres, des blogs sur le sujet, jai regardé chez moi, ouvert les meubles, jai réfléchi et attendu Quelque temps après jai commencé à mettre dans un sac des vêtements ou objets que je nutilisais pas ou que je naimais pas spécialement, jai mis quasi 6 mois avant de men débarrasser (le temps de les oublier). Désormais, je réfléchis et désencombre régulièrement et cela a un impact que je nattendais pas : je réfléchis chacun de mes achats (petits et grands). Je ne me prive pas mais la vente (à prix tellement éloignés de ce que jai dépensé) de certains accessoires/vêtements ma fait réfléchir à leur vraie nécessité ! Je nachète plus CD, DVD ou livres mais jai repris un abonnement (payant et réfléchi) à la médiathèque. Pour les livres, je fais juste une exception : chaque année en juin le CE nous offre 60 euros en chèques culture ; je fais donc ma liste dans lannée pour savoir comment les utiliser et pas de frustration en cours dannée car au quotidien ma bibliothèque me propose une offre bien plus vaste que ma capacité à lire !! Merci pour tes articles toujours très inspirants et emplis de calme.

    • FunamBulle says:

      Bonjour ! Merci beaucoup pour ton chouette témoignage ! Sinon, je m’appelle Lola et non pas Natasha (du blog des Echos verts peut-être ?). A bientôt !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *