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Moins mais mieux: la viande

Chaque mois, je vous propose une nouvelle solution pour réduire notre empreinte carbone. Modifier une habitude par mois, c’est aussi prendre le temps d’être à l’écoute de ses besoins et prendre en compte les blocages et les questions que nous pouvons rencontrer. C’est fondamental pour changer son quotidien en profondeur.
Adepte des alternatives positives, j’aime être actrice de ma vie et faire mes choix en âme et conscience, vous aussi n’est ce pas ? Je suis persuadée qu’ensemble, nous pouvons changer le monde, oui rien que ça ! Alors, allons-y !

Pour notre second volet au sujet de l’alimentation,  j’ai choisi de vous parler de… (roulement de tambour) la viande ! Elle a la première place sur le podium de l’empreinte carbone que nous cherchons à réduire. En effet, l’élevage émet à lui seul environ 14% des émissions de gaz à effet de serre. La viande, c’est un sujet qui hérisse un peu les poils parce que c’est un héritage culturel: la cuisine traditionnelle est essentiellement composée de viande: boeuf bourguignon, blanquette de veau, poule au pot etc. Alors, il y a ceux qui freinent des quatre fers, ceux qui ont choisi de ne plus en consommer du tout et il y a ceux qui ont décidé de réduire leur consommation en choisissant soigneusement la viande mangée. Je vous propose de vous lancer sur la voie de cette troisième catégorie. Mais tout d’abord, pourquoi ?

L’ELEVAGE INDUSTRIEL

L’élevage industriel appelé aussi élevage intensif est dans une logique productiviste : l’important c’est le rendement. On enferme un maximum d’animaux dans un espace restreint pour produire plus, plus vite. L’idée c’est d’optimiser, au détriment de la qualité et de l’environnement.

La ferme s’est donc transformée en usine et les plaines fertiles en champs de céréales transgéniques destinés à nourrir les animaux que nous mangerons ensuite. On importe considérablement  ce qui nécessite beaucoup de transports et d’énergies fossiles. Savez-vous que 50% des céréales et légumes cultivés sur Terre sont destinés à l’élevage ? Pour répondre à la demande, on augmente progressivement les surfaces en grignotant par exemple la forêt Amazonienne pour planter du soja transgénique destiné à l’élevage (cela 91% de la déforestation Amazonienne, bien pire que l’huile de palme !) . Donc, on substitue une partie du poumon de notre planète pour nourrir les bêtes que nous mangerons, ensuite tout en mettant en danger la biodiversité et en augmentant l’érosion des sols. Est-il nécessaire de dire que nous marchons sur la tête ? La majorité des ces cultures étant en agriculture intensive, les pesticides et l’eau sont utilisés à gogo détériorant les sols et les nappes phréatiques.

Les usines d’animaux se multiplient, après la ferme des mille vaches, il y a aussi la porcherie des quinze mille porcs dans la Marne, ou des deux cent cinquante mille poules pondeuses dans la Somme. Entretenir autant de bêtes dans un si petit espace nécessite quelques soins particuliers : il faut beaucoup d’eau pour nettoyer les sols en béton et des antibiotiques en prévention pour éviter les risques sanitaires. Sans compter les déjections  susceptibles de polluer en répandant des nitrates et des phosphates. Quant au bien-être animal, il est inexistant : très peu d’espace pour se déplacer, peu voire pas de lumière du jour. Puisqu’il faut du chiffre, on ne fait pas dans la dentelle.

Pour 1kg de viande de… Source: www.consoglobe.com

C’est vertigineux, si on réfléchit deux secondes : « Tiens, ce midi je mangerais bien un rôti de porc, j’ai une petite recette pas piquée des hannetons qui demande deux heures de cuisson à basse température que je te ferai bien goûter. Tu m’en diras des nouvelles ! « . Sauf que voilà, votre rôti de porc provient d’un de ces élevages. Moi, je trouve qu’il en perd de sa saveur (déjà qu’il ne doit pas en avoir beaucoup !), c’est dommage d’avoir pris le temps d’aussi bien le cuisiner alors qu’il y a de grandes chances qu’il vienne d’un de ces élevages. Pierre Rabhi a d’ailleurs dit à ce sujet que « des protéines issues de la souffrance animale sont forcément nocives pour nous ».

D’ailleurs, le problème en supermarché, c’est que souvent, il est difficile de connaitre la provenance de la viande. Le collectif « Viande de nulle part » en a fait un combat et va régulièrement coller des étiquettes sur les barquettes de viande dont l’origine est inconnue.

Heureusement, grâce à notre porte monnaie, on peut reprendre  le pouvoir sur le contenu de notre assiette et lutter contre l’élevage industriel ! On réduit considérablement notre empreinte carbone, ce qui est bon pour notre planète !

LA SOLUTION

Comme il faut bien commencer quelque part, je vous propose de réduire votre consommation de viande à une fois par jour. « La vérité sur la viande » : ouvrage collectif de scientifiques, politiques et journalistes nous informe qu’une famille de 4 personnes qui mangent un steak « cela équivaut à peu près en termes d’énergie à conduire une voiture pendant trois heures en laissant toutes les lumières allumées chez soi« . Si vous faites attention à votre consommation électrique, remplacer un steak par des protéines végétales n’est pas un pas si compliqué à sauter. Toujours dans « La vérité sur la viande » on apprend que  » Si les américains se privaient de viande un jour par semaine, ils épargneraient l’équivalent, en émission de gaz à effet de serre, de 46 millions d’allers-retours New-York Los Angeles en avion ». Bon allez, on est d’accord, on peut faire un effort ?

Pour ma part, j’ai choisi de manger végétarien le midi et de manger de la viande le soir. Lorsque j’ai commencé ce défi, il y a un an, je me suis aperçue que les lardons, le jambon, les nuggets, les rillettes et le saucisson étaient aussi de la viande. Oui, personne n’est parfait, pour moi c’était des basiques de mon quotidien : que ce soit dans les poêlées, les quiches ou les gratins, il était évident que j’allais y ajouter des lardons ou du jambon. J’ai dû désapprendre ce réflexe et découvrir comment cuisiner des plats végétariens avec des protéines végétales. C’est à dire cuisiner plus de légumineuses (pois chiches, haricots rouges, blancs, lentilles…), de céréales complètes et d’oléagineux (noix, noisettes, graines de tournesol…).

D’autre part, autant choisir soigneusement la viande que nous allons manger. En dehors de l’élevage industriel, il y a les petits producteurs et petites fermes à taille humaine qui prennent soin de leurs bêtes, tout en préservant la biodiversité (respect des alternances des champs entre repos et pâture, diversification des céréales) et soignent les animaux avec moyens naturels ou homéopathiques. Je vous vois déjà faire les gros yeux « oui, mais tu as vu le prix de la viande ?? ». C’est tout l’intérêt de n’en manger qu’une fois par jour voire moins. Quand j’en mange au moins je sais d’où elle vient. Je dois cependant encore faire des efforts sur le jambon, nuggets et cordon bleu qui sont industriels, surtout que les deux derniers ne sont pas compliqués à faire maison. Chacun va à son allure, le tout c’est d’avancer !

Mon plus gros déclic au sujet de la qualité de la viande c’est lors de mon voyage au Japon en 2015. Les viandes que j’ai dégustées là-bas étaient à tomber: poulet, porc, boeuf… elles étaient toutes délicieuses, avec un vrai goût. Quand je suis rentrée, je n’avais plus envie de piocher dans les grosses barquettes en polystyrène en promotion avec 20 cuisses de poulets insipides.

En choisissant leurs produits, nous les incitons aussi à produire tout en étant respectueux de l’environnement. C’est toujours la même histoire : nous choisissons où l’argent de notre porte monnaie va.

BILAN

  • Deux fois moins de viande locale, bio permettrait de réduire de 36% les émissions de gaz à effet de serre d’origine agricole et de 8% les émissions totales
  • La biodiversité est préservée si nous choisissons les petits producteurs
  • Des fortes économies en eau, transport et énergie
  • Nous participons à l’économie locale
  • Notre alimentation est plus diversifiée
  • La viande que nous mangerons sera bien meilleure

Alors, vous vous lancez ? Vous avez déjà commencé ? N’hésitez pas à partager vos expériences en commentaires !

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Mais qu’est ce qu’on mange ?!

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