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Notre petite histoire de lit au sol – inspiration Montessori

A la naissance de notre Libellule, j’ai recherché sur Le bon coin une jolie chambre classique pour les bébés : lit à barreau, commode avec table à langer et armoire. Elle était mignonne comme tout avec ses animaux gravés dans le bois, il y avait une girafe, une vache… Je suis allée la chercher avec mon beau-père pas très loin de la maison. J’étais heureuse d’avoir fait une bonne affaire, en plus il s’agissait de meubles d’occasion, donc ils avaient un impact plus faible sur la planète que des meubles neufs. Joie !

Puis ma Libellule est née et au début, elle dormait dans le cocoonababy que nous emmenions partout avec nous. C’était pratique. Elle s’endormait dedans dans le salon, quand nous allions nous coucher, nous montions le cocoonababy à l’étage pour le poser sur un matelas au sol près de notre lit. Souvent la nuit, au moment de l’allaiter, je la laissais s’endormir contre moi pour ne pas la réveiller en la déplaçant (mais ça je ne le disais pas trop autour de moi).

Puis, j’ai fabriqué une sorte de barrière avec le lit parapluie que nous avions acheté comme beaucoup de parents. Il restait toujours plié dans son emballage, il faisait une barrière suffisamment grande pour être certaine que ma Libellule ne tombe pas du lit. D’ailleurs en y repensant, c’est le seul moment où je l’ai utilisé, détourné de sa fonction première. C’est que, le concept de se pencher par dessus la barrière pour poser mon bébé endormi me paraissait assez farfelu. J’étais censé faire comment ? La lâcher au dessus du sol en espérant que l’impact ne serait pas trop fort ? Je suis assez petite et mes mains n’allaient pas jusqu’au fond…

Puis, elle a grandit, le cocoonababy devenait trop petit et alors nous avons décidé de l’installer directement sur son lit au sol la nuit, avec mon coussin d’allaitement sur le côté des fois qu’elle est envie de faire des roulades (alors qu’elle ne savait pas encore se tourner sur le ventre). J’ai mis le tour de lit entre le mur et le matelas pour que ce soit comme un cocon et qu’elle ne cogne pas ses petites mains la nuit.

Une fois pour rigoler nous l’avons prise en photo dans son lit à barreau, elle avait un pyjama rayé noir et blanc. Avec le bon cadre, c’était comme si elle était en prison.

Bim!

Le mot est lâché. Prison. Le mot est fort, puissant, injuste, provocateur… et pourtant. Lorsque nous parlons du lit au sol de notre Libellule, la première question qui est posée, en toute bienveillance est : « et elle ne s’en va pas ? ».

La réponse dans un sourire qui suit : « elle s’en va si elle n’est pas fatiguée sinon, elle dort ».

Pourquoi met-on nos tous petits bébés dans un lit à barreau ? Pour les protéger ? Pour qu’ils ne tombent pas ? Pour qu’ils y restent ? Parce qu’on a toujours fait comme ça ?

Il y a mille raisons de mettre son enfant dans un lit à barreau et machinalement, nous en avions acheté un. Simplement parce que « je vais avoir un bébé = j’ai besoin de couches, de table à langer, de lit à barreau ». Logique. On a toujours fait comme ça.

En grandissant, notre Libellule est restée sur son matelas au sol, toujours dans notre chambre. Nous parlions de commencer les siestes dans son lit à barreau à un moment, plutôt que sur le canapé près de nous ou dans l’écharpe de portage. Puis, nous avons dû déménager brutalement et nous n’avons pas pu récupérer les meubles de sa chambre.

Entre temps, nous nous étions intéressé aussi à Maria Montessori, au fait d’adapter l’environnement au tout petit plutôt que de vouloir absolument que le tout petit s’adapte à notre environnement d’adulte.

Voici ce qu’elle écrit dans son ouvrage L’enfant : « Les enfants sont les prisonniers d’une civilisation construite exclusivement par l’adulte pour le bien de l’adulte, qui se resserre toujours davantage, ne laissant à la liberté de l’enfant qu’un espace progressivement réduit. »

Je commençais à m’interroger sur ce lit à barreau qui me perturbait de plus en plus. Comment est ce que je pouvais mettre ma Libellule dans cet environnement si fermé alors qu’elle avait toujours été sur un matelas ouvert ? Puis soyons honnête, comment poser son enfant endormi sans se casser le dos ? Sans la réveiller ? Comment l’allaiter et la laisser se rendormir ? Et moi alors, quand je l’allaite la nuit je dois rester éveillée ? Et quand elle se déplacerait ? Ca veut dire qu’on devrait aller la chercher alors qu’elle pourrait en sortir seule ?

Clairement, ce lit à barreau posait beaucoup de contraintes et aucun avantage évident.

Finalement, nous l’avons assumé ce lit au sol: puisque nous devions changer sa chambre, nous resterions sur l’idée d’un lit disponible sur lequel elle pourrait s’étendre si elle était fatiguée. Un lit duquel elle pourrait sortir seule lorsqu’elle aurait terminé de se reposer.

 

Puis, il s’agissait de sa chambre : pourquoi lui proposer un environnement où tout est à hauteur d’adulte si nous voulions qu’elle s’y sente bien, qu’elle se l’approprie. C’est une réflexion plus vaste autour de l’autonomie de notre fille que nous amorcions petit à petit.

Quand nous avons retrouvé un logement, nous avons gardé son matelas au sol contre le notre dans notre chambre. Je tenais encore beaucoup au cododo et dans cette nouvelle chambre, notre matelas était au sol aussi puisque notre lit était resté dans notre maison sinistrée. C’est d’ailleurs la configuration type cododo que j’ai préférée.

Pour sa chambre, nous avons choisi un lit cabane extensible avec un matelas au départ de 90×140 parce que une cabane, de base, c’est chouette. Puis, la possibilité d’avoir un lit plus grand que le classique 60×120 me plaisait bien. Les enfants adorent dormir dans des positions improbables alors comme ça elle pourrait en tester plein.

Dans les faits, comment se passent le sommeil  dans un matelas au sol ?

Le soir au moment du coucher, si elle est fatiguée, je lui lis une histoire dans son lit, puis elle tète et s’endort près de moi. Je suis allongée près d’elle, je peux l’accompagner et me relever ensuite sereinement. Jusqu’à ses 11 mois environ, elle s’endormait systématiquement sur nous, il y avait donc une technique subtile consistant à rouler sur le côté pour la poser sans qu’elle se réveille. Technique pas infaillible, certes, mais plus difficile avec un lit à barreau !

La nuit, lorsqu’elle se réveille, elle vient parfois nous chercher, d’autres fois elle appelle.

Pour les siestes, ça se passe de la même façon: elle s’endort, se réveille, vient nous voir ou nous appelle.

Bien sûr, il y a toutes les fois où elle n’a pas envie de dormir: dans ce cas, depuis qu’elle marche à 4 pattes, elle s’en va simplement du lit et va ouvrir la porte de la chambre (qui est toujours poussée et jamais complètement fermée). Dans ces cas, c’est très clair : ce n’est pas le moment !

Le lit au sol permet simplement le libre choix de notre Libellule. On lui apprend par là qu’elle peut aller s’allonger si elle en a envie, elle ne dépend pas de nous pour cela. C’est en continuité avec l’idée de respecter son besoin de dormir ou non (voir mon article à ce sujet). Nous lui permettons de se connecter à ses besoins réels, d’apprendre à ressentir lorsqu’elle est fatiguée et de répondre seule à ce besoin. Bien sûr, elle ne va pas encore s’allonger seule mais il arrive qu’elle nous emmène dans la chambre pour nous faire comprendre qu’elle souhaite dormir, ou de s’allonger brièvement sur le lit pour qu’on l’accompagne dans son sommeil.

** Et vous, comment avez-vous installé le lit de votre tout petit ? Avez-vous essayé le lit au sol ? **

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