Un déodorant pour moi

 

J’aimerais tendre vers un rapport respectueux envers la planète, pas comme un mantra qu’on se répète pour se donner bonne conscience. Non, plutôt comme un rapport sain entre deux individus: pas de tricherie, pas d’hypocrisie, de l’honnêteté et le meilleur de soi. L’idée n’est pas d’être dans la concurrence, ni dans la culpabilité, plutôt dans quelque chose de joyeux, dans le vivre ensemble avec bonheur sans se blesser l’un l’autre.

 

Tournesol bien-être

Photo by Elijah Hail on Unplash

 

Quand j’ai amorcé ma réflexion pour agir durablement sur mon empreinte carbone, j’ai surtout eu envie de m’interroger sur ce que j’utilise au quotidien.  Un produit que j’applique tous les matins, va s’user plus vite, donc je vais en racheter plus vite et jeter plus souvent. Je vais créer de la demande, influer sur sa fabrication et par conséquent produire plus de déchets ou de matériaux potentiellement néfastes pour l’environnement. C’est une bonne manière d’utiliser notre « Flouze power » et de s’impliquer au quotidien. C’est le cas du déodorant. Comme tout produit que j’applique sur ma peau, ça fait longtemps que j’en observe la composition.

 

salle de bain

Photo by Jennifer Burk on Unsplash

 

J’ai commencé par les sels d’aluminium.  Avant, je passais un temps fou dans les rayons des supermarchés pour trouver celui qui n’en contiendrait pas.

Les sels d’aluminium

  • Les sels d’aluminium sont des formes composées d’aluminium. Ils n’existent pas en tant que tels dans la nature, ils sont extraits d’un autre minerai, comme la bauxite par exemple.
  • Les sels d’aluminium sont utilisés pour bloquer la transpiration (dans les déodorants anti-transpirants par exemple) mais ils empêchent par la même occasion l’évacuation des toxines qui adorent s’échapper par nos aisselles. Le problème, c’est que si elles ne s’évacuent pas, elles sont stockées dans les glandes lymphatiques, qui sont les plus proches, d’où proviennent beaucoup de cancers du sein.  Une étude réalisée en 2016 par le International journal of cancer (pour les passionnés, l’étude est ICI : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/ijc.30393/full ) met en lumière le lien évident entre l’aluminium (même à faible dose) et le cancer du sein. L’aluminium est d’autant plus susceptible de s’immiscer sous notre peau lorsque nos aisselles sont fraîchement épilées et pleines de micro-lésions.
  • L’extraction de la bauxite peut mener à d’importantes déforestations : comme en Amazonie où des milliers d’hectares ont disparu au profit d’Alunorte, une usine d’extraction d’alumine et de bauxite en 2011. Ces extractions nécessitent beaucoup d’énergie et génère des déchets qui peuvent être considérables: on connait le phénomène de boue rouge qui contient beaucoup de métaux lourds, des hydrocarbures de fluor et du dioxyde sulfuré : comme l’usine Alteo qui déverse ses boues rouges dans la mer méditerranée
  • Pour en savoir plus : l’excellent article détaillé d’Antigone XXI : Haro sur l’alu !     /    Le scandale des boues rouges dans Thalassa diffusé en septembre 2016

 

Puis, il y a eu la vague d’informations concernant le phénoxyéthanol et les paraben, ces fameux perturbateurs endocriniens (Pour rappel: un perturbateur endocrinien se fait passer dans notre corps pour une hormone, c’est à dire un messager entre deux organes, sauf que ce n’en est pas une). Maintenant, beaucoup de marques en font d’ailleurs un argument marketing en indiquant en gros « SANS PHENOXYETHANOL / SANS PARABEN ».

 

Et puis encore, la liste des ingrédients pouvant être néfastes pour notre santé à continué à s’allonger : le cyclopentasiloxane, les phtalates, les PolyEthylene Glycol… je me suis demandée s’il fallait que je me balade avec un index détaillé sous le bras quand j’achetais mon déodorant et combien d’heures j’allais passer à analyser toutes les étiquettes pour trouver la perle rare !

Il y avait bien sûr la solution d’acheter des déodorants bio, mais le prix m’a souvent effrayé et les étiquettes contenaient aussi des ingrédients que je ne connaissais pas. Puis, il y a cette réputation que ces déodorants ne fonctionnaient pas très bien. Donc, au vu du prix, je n’avais pas envie d’essayer…

Le problème de tous ces déodorants, outre la composition obscure et douteuse, c’est aussi leur emballage, qui lui, affecte la planète. Ils sont présentés la plupart du temps sous deux formes:

  • La première : les déodorants en spray. Aériens, frais, pratiques, plus hygiéniques, il y a un choix fou dans les rayons des supermarchés. Concrètement, il s’agit de gaz supracompressé dans un emballage très solide en aluminium pour le contenir sans exploser. Le contenant en soi, nécessite beaucoup d’énergie et est très polluant à fabriquer. Le contenu, lui, rejète des Composés Organiques Volatiles (COV pour les intimes), chimique à souhait, il est accusé de participer à la pollution aux particules fines.
  • La seconde : les déodorants à billes. La plupart du temps, ils sont vendus dans des contenants en plastique, donc issu de la pétrochimie. Les énergies fossiles s’amoindrissent et sont extrêmement polluantes.

Toutes ces raisons ont fait qu’un jour je me suis tournée vers les recettes maison !

 

LES SOLUTIONS

Ma toute première recette de cosmétique maison a été celle du déodorant. J’ai commencé par celle du blog Green me up qui associait huile végétale de coco et bicarbonate de soude.

L’huile végétale de coco sent bon l’été et a des propriétés apaisantes, elle est utile pour calmer les sensations d’échauffements et hydrate la peau.

 

Deodorant maison

 

Le bicarbonate de soude, lui, élimine les mauvaises odeurs. Vous pouvez faire le test dans votre frigo et mettre une petite coupelle de bicarbonate, cela assainira le délicieux air que vous humez lorsque vous ouvrez la porte (surtout lorsque vous avez oublié de mettre la fourme d’Ambert dans un tupperware). Il a donc une place de choix dans la composition de notre déodorant.

Pour ce premier déodorant, j’ai choisi le contenant d’Aromazone en stick de 50mL. L’inconvénient est qu’il est en plastique. Il est aussi intéressant de savoir comment l’ouvrir parce qu’il n’y a aucune indication chez Aromazone. En fait, il faut le retourner, retirer la petite molette et remplir par là.


Voici la recette que j’ai suivie:

Ingrédients (pour un stick de 50 mL):

25 g d’huile végétale de coco

15 g de bicarbonate de soude

15 g de fécule de pomme de terre

2,5 g de cire de candelila

10 gouttes d’huile essentielle de palmarosa

Faire fondre au bain-marie l’huile végétale de coco et la cire de candelila. Lorsque le mélange est homogène, rajouter lentement le bicarbonate de soude et la fécule de pomme de terre tout en fouettant énergiquement. Ajouter les gouttes d’huile essentielle, mélanger puis verser dans le stick de déodorant tant que c’est chaud. Le mélange va figer, une fois refroidis, vous pouvez le mettre au réfrigérateur pour accélérer la prise.

La fécule de pomme de terre va absorber l’humidité de la transpiration.

La cire de candelila va permettre au déodorant de ne pas fondre en cas de température supérieure à 20•C, ce qui est plutôt utile l’été. Elle peut être remplacée par de la cire d’abeille.

L’huile essentielle de Palmarosa est antibactérienne, elle peut s’utiliser seule (une goutte ou deux sous les aisselles par exemple) ou dans le cadre de notre déodorant. Elle a aussi des vertus régénératrices, utile en cas de petites lésions ou de boutons. Mais, c’est aussi une huile dite « abortive » qui peut provoquer malaise et fausse couche chez les femmes enceintes. Elle est à proscrire chez les enfants et les femmes enceintes et allaitantes. Pour plus d’infos : Fiche HE Palmarosa


J’ai beaucoup aimé utiliser ce déodorant. Efficace, agréable à l’odeur, hydratant… mais un jour je suis tombée enceinte et autant dire qu’avec les propriétés abortives de l’huile essentielle de palmarosa, il s’est rapidement retrouvé de côté ! Il est d’autant plus conseillé les trois premiers mois de grossesse d’éviter toutes les huiles essentielles, je n’ai donc pas cherché à remplacer celle de Palmarosa. Il s’est avéré après renseignements ensuite qu’avec des précautions, certaines huiles essentielles sont utilisables pendant la grossesse, mais c’est un autre sujet (passionnant) dont je parlerai plus tard. J’ai donc décidé d’essayer un autre type de déodorant : le bicarbonate de soude. Oui, celui-là même tout seul !

L’idée est d’en prendre une pincée et de l’appliquer sous les aisselles en époussetant l’excédent pour éviter les irritations. J’ai utilisé cette méthode sans soucis pendant une année environ, mais il y a peu, j’ai commencé à avoir quelques rougeurs. Puis, impossible de mettre du bicarbonate après une épilation sinon ça me picote sous les aisselles pendant les heures qui suivent.

J’ai donc eu envie de trouver une solution applicable pendant toute la durée de mon allaitement (que j’aimerais prolonger jusqu’aux 2 ans de ma Libellule donc une solution sur le long terme).

J’ai donc opté pour deux possibilités:

après l’épilation, j’applique une noisette de gel d’aloé vera que je conserve au frais. Cela m’apporte une sensation de fraicheur et associé à des vêtements en matières naturelles, donc respirants, ça me permet de ne pas sentir mauvais en cas de chaleur. L’aloé vera étant cicatrisant, les micro lésions sont vites réparées.

pour le quotidien, j’ai testé une nouvelle recette inspirée de celles du blog slow-cosmetique à base d’aloé vera, d’arrow root et de bicarbonate de soude:

 

Aloé vera

 

DEODORANT A L’ALOE VERA (pour environ 30 mL)

15g de gel d’aloé vera

(propriétés : astringente, purifiante, hydratante, anti-inflammatoire, cicatrisante, miraculeuse, oui oui !)

9g d’hydrolat de fleur d’oranger

(propriétés: régénérante, tonique, calmante et puis ça sent bon !)

0,15g de gomme xanthane

(propriétés: augmente la viscosité)

3g de bicarbonate de soude

(propriétés: agent déodorant, entre autres hein!)

3g d’arrow root

(propriétés: agent épaississant, agent absorbant et purifiant, apporte un effet velouté)

7 gouttes de conservateur Cosgard

(propriétés: préserve les préparations maison à base d’eau ou de gel végétal des bactéries, moisissures etc)

6 gouttes d’huile essentielle de lavande fine (ou lavande vraie)

(propriétés: je ne peux pas résumer les propriétés de cette huile à tout faire, adaptée à tous : femme enceinte et allaitante, nourrissons, enfants et adultes : Fiche HE lavande fine)

 

 

J’ai choisi d’essayer un autre contenant puisqu’il s’agit d’un déodorant à bille : le flacon est en verre et seuls la bille et le capuchon sont en plastiques. Je les ai achetés par cinq (en vue d’en offrir autour de moi), chez Slow cosmetique.

J’aime la texture crémeuse de ce déodorant. Il est facile à appliquer, je n’ai jamais eu de trace sur les vêtement et il améliore immédiatement les mauvaises odeurs. L’odeur des huiles essentielles est assez forte au moment de l’application mais elle s’évapore sans perdre de son efficacité. Il m’arrive en cas de stress, chaleur, sport d’en remettre dans la journée, ce qui ne me dérange pas vu que le flacon se glisse sans problème dans mon sac à main.

 

Fabrication déodorant maison

Ce que je changerai la prochaine fois: les huiles essentielles. J’aimerais une odeur soit plus citronnée soit plus fleurie.

*Et vous quelles solutions durables et respectueuses de la planète avez-vous trouvées en guise de déodorant ?*

 

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